Les milliardaires de la tech peuvent-ils encore acheter une élection ?
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Actualité · 60 s Lecture 4 min

Les milliardaires de la tech peuvent-ils encore acheter une élection ?

À coups de milliards, les géants de la Silicon Valley tentent d'influencer les élections américaines. Mais leurs centres de données deviennent un boulet politique.

L’essentiel en 60 secondes La version complète reste disponible plus bas sur cette même page.

À la veille des élections de mi-mandat américaines, les milliardaires de la Silicon Valley dépensent des sommes colossales pour préserver leur influence politique. Mais voilà que les gigantesques centres de données nécessaires à leurs ambitions en intelligence artificielle deviennent un boulet pour les républicains de Donald Trump.

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À voir Elon Musk engloutir près d'un demi-milliard de dollars dans la campagne républicaine, j'ai l'impression que l'homme le plus riche du monde se débat comme un diable dans l'eau bénite pour préserver le pouvoir de ses alliés politiques.

Elon Musk lors de la soirée d'inauguration en janvier 2025

Selon le New York Times, les 20 plus importants donateurs et groupes de donateurs ont injecté environ 2 milliards de dollars américains dans les élections de 2026. Elon Musk arrive largement en tête avec 445,6 millions. D'autres figures de la Silicon Valley, comme Marc Andreessen, Ben Horowitz et Greg Brockman, cofondateur d'OpenAI, ont également investi des dizaines de millions.

Je doute sérieusement que ce soit uniquement par conviction politique.

Les centres de données, un cadeau empoisonné

Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump multiplie les mesures favorables aux géants de la technologie. Son administration a notamment accéléré les procédures d'autorisation de construction des centres de données et des infrastructures énergétiques qui les accompagnent.

Pour les milliardaires de l'intelligence artificielle, c'est une occasion en or. Mais pour les communautés qui accueillent ces installations, c'est une autre histoire.

Au Texas, des terres agricoles sont désormais convoitées pour construire des centres de données. Amazon prévoit même une gigantesque centrale au gaz naturel de 7,65 gigawatts pour alimenter ses installations. Une infrastructure autorisée à émettre plus de 30 millions de tonnes de gaz à effet de serre par année.

Pendant que Trump multiplie les obstacles à l'éolien et au solaire, l'industrie de l'IA se tourne notamment vers le gaz naturel et le nucléaire pour satisfaire son appétit énergétique.

Carte des centres de données au États-Unis en 2026

Il y a une certaine ironie à voir ces entreprises, qui multiplient depuis des années les belles promesses environnementales, investir dans de nouvelles infrastructures alimentées aux combustibles fossiles.

Et les citoyens commencent à en avoir assez.

Selon une enquête de l'Université de Pennsylvanie, 61 % des Américains s'opposent à la construction d'un centre de données près de chez eux. Cette opposition touche également une majorité de républicains.

Voilà un problème dont Trump se serait probablement bien passé à la veille des élections.

Elon Musk découvre les limites de son pouvoir

Au Mississippi, les installations énergétiques qui alimentent les centres de données de Musk font l'objet de poursuites environnementales. La NAACP accuse son entreprise d'avoir exploité des turbines au gaz sans les autorisations nécessaires.

Malgré une tentative du ministère américain de la Justice de faire rejeter la poursuite, un tribunal fédéral a permis au dossier de suivre son cours.

Le plus incroyable reste toutefois cette histoire rapportée par Forbes : l'entreprise liée à Musk propose de racheter des centaines de maisons dont les propriétaires se plaignent du bruit des turbines. Certaines offres exigeraient même que les résidents renoncent à leurs recours judiciaires.

Quand on possède une fortune pratiquement illimitée, acheter tout un quartier semble apparemment plus simple que de composer avec ses citoyens !

Elon Musk (Source https://thenationaldesk.com/resources/media2/original/full/1600/center/80/421a214a-1ccd-461f-86d4-3adfa77ccd44-GettyImages2200924488)

C'est particulièrement savoureux lorsqu'on se rappelle que Musk a participé, avec son DOGE, au démantèlement et à la restructuration d'une partie de l'administration fédérale. Le milliardaire qui voulait réduire la bureaucratie se retrouve maintenant confronté aux lois environnementales et aux tribunaux.

Trump prépare-t-il déjà ses boucs émissaires ?

À quelques jours du scrutin, Donald Trump a multiplié les déclarations alarmistes, affirmant notamment qu'une victoire démocrate pourrait provoquer une dépression économique comparable à celle de 1929.

Rien de moins !

Je trouve ces déclarations particulièrement intéressantes alors que les interrogations concernant une éventuelle bulle financière de l'intelligence artificielle se multiplient.

Les géants de la technologie investissent des centaines de milliards dans des infrastructures informatiques en pariant sur une croissance phénoménale de la demande. Mais les revenus seront-ils suffisants pour rentabiliser cette démesure ?

Personnellement, je me demande si Trump ne prépare pas déjà le terrain pour désigner les responsables d'une éventuelle catastrophe économique. Après avoir encouragé cette course effrénée aux centres de données et facilité leur construction, il serait particulièrement commode de pouvoir en rejeter les conséquences sur les démocrates.

Après tout, dans l'univers de Donald Trump, les réussites lui appartiennent et les échecs sont généralement la faute des autres.

Les techno-bros face aux électeurs

Depuis quelques années, une partie de la Silicon Valley semble persuadée que la fortune et la maîtrise des technologies donnent le droit d'imposer sa vision de la société.

Ces milliardaires disposent de moyens financiers et techniques pratiquement sans précédent pour influencer les débats politiques. Certains entretiennent même des liens avec des courants autoritaires que leurs critiques qualifient de techno-fascistes.

Mais malgré leurs milliards, leurs algorithmes et leurs plateformes numériques, ils découvrent qu'une facture d'électricité qui augmente, une terre agricole transformée en centre de données ou des turbines qui empêchent les voisins de dormir peuvent mobiliser les citoyens contre leurs projets.

Mardi, les Américains auront l'occasion de mesurer la force de cette opposition dans les urnes.

Et malgré ses 445,6 millions de dollars investis dans les élections, Elon Musk n'aura toujours droit qu'à un seul vote.

Du moins, c'est encore comme ça que fonctionne la démocratie.

Sources: https://www.nytimes.com/interactive/2026/11/01/us/politics/2026-midterm-top-donors.html
https://www.cnbc.com/2026/10/31/xai-naacp-clean-air-act-lawsuit-dismissal.html
https://www.reuters.com/world/americas/pollution-musks-unpermitted-xai-power-project-hits-hardest-black-communities-2026-07-14/
https://www.youtube.com/watch?v=jq4uG9c4foI&t=50s

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