L’IA gagne du terrain au travail, mais les entreprises canadiennes peinent à suivre
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ALL IN 2026 · 60 s Lecture 5 min

L’IA gagne du terrain au travail, mais les entreprises canadiennes peinent à suivre

Selon Léger, 68 % des employés utilisent l’IA au travail, mais les entreprises accusent du retard en formation, en outils et en résultats.

Photo by Israel Andrade / Unsplash

L’essentiel en 60 secondes La version complète reste disponible plus bas sur cette même page.
  • 68 % des employés canadiens utilisent l’IA au travail, contre 59 % des décideurs qui disent que leur entreprise l’utilise.
  • Seulement 8 % des entreprises estiment avoir atteint un véritable stade de transformation par l’IA.
  • 42 % des employés jugent leur entreprise en retard sur ses concurrents en matière d’IA.
  • 31 % considèrent progresser personnellement plus rapidement que leur organisation.
  • 72 % disent avoir de la difficulté à accéder à des outils d’IA approuvés par leur employeur.
  • Résultat : 46 % utilisent des outils d’IA non approuvés par leur organisation.
  • La formation accuse aussi un retard : 61 % des employés n’ont reçu aucune formation en IA au travail. Seulement 10 % des entreprises disent offrir un soutien structuré.
  • Les gains commencent néanmoins à apparaître : 24 % des employés rapportent un gain de temps important ainsi qu’une amélioration importante de la qualité du travail ou de la prise de décision.
  • Du côté des entreprises utilisant l’IA, 46 % ne constatent encore aucun gain mesurable, 30 % rapportent des gains opérationnels et seulement 3 % des gains d’affaires.
  • L’IA transforme déjà le travail : 48 % des entreprises rapportent des changements concrets dans leur organisation, notamment l’automatisation des tâches et la redéfinition de certains rôles.
  • L’Indice IA 2026 de Léger repose sur un sondage pancanadien mené auprès de 5 592 répondants du 22 mai au 21 juin 2026.
  • À retenir : l’adoption de l’IA progresse rapidement chez les employés, mais les entreprises canadiennes peinent encore à suivre en matière d’outils, de formation et de retombées mesurables.

Les employés canadiens ont largement commencé à utiliser l’intelligence artificielle au travail, mais leurs employeurs ne progressent pas au même rythme. Selon le nouvel Indice IA de Léger, 68 % des employés utilisent l’IA, tandis que seulement 8 % des entreprises canadiennes estiment avoir atteint un véritable stade de transformation.

Dévoilée à Montréal lors de l’événement ALL IN, l’étude met notamment en lumière un manque de formation et d’accès aux outils approuvés par les entreprises. MinuteTech a assisté à la présentation des résultats par Sarah Mottet, cheffe de la transformation chez Léger, et Maryse Dupuy, directrice, Transformation et IA.

Léger constate d’abord un écart entre l’utilisation de l’IA par les employés et celle rapportée par les organisations. Si 68 % des travailleurs disent utiliser l’IA, seulement 59 % des décideurs indiquent que leur entreprise l’utilise.

Le décalage est aussi perceptible chez les travailleurs eux-mêmes. Quelque 42 % estiment que leur entreprise accuse un retard sur ses concurrents en matière d’IA et 31 % considèrent progresser plus rapidement que leur organisation.

Des outils utilisés sans l’approbation de l’employeur

Un autre chiffre illustre particulièrement bien le problème : 72 % des employés disent avoir de la difficulté à accéder à des outils d’intelligence artificielle officiellement approuvés par leur entreprise.

Visuel de Léger traduit par IA à partir d’une photo prise lors de la conférence de presse. Photo : Steeve Fortin/MinuteTech.

Certains se tournent donc vers leurs propres solutions. Selon Léger, 46 % des employés utilisent au travail des outils d’IA qui ne sont pas approuvés par leur organisation, une pratique parfois appelée « shadow AI ».

Cette utilisation peut aussi demeurer invisible. Un employé sur deux aurait déjà omis de mentionner avoir utilisé l’intelligence artificielle pour effectuer son travail.

Pour une organisation, l'enjeu ne se limite donc pas au contrôle des outils et des données. Des pratiques efficaces peuvent rester confinées à quelques employés, tandis que les erreurs, les besoins et les façons de travailler avec l’IA ne sont pas nécessairement partagés à l’interne.

Six employés sur dix n’ont reçu aucune formation

La formation constitue un autre point faible. Au Canada, 61 % des employés disent n’avoir reçu aucune formation en intelligence artificielle au travail. Seulement 10 % des entreprises affirment offrir un soutien structuré.

Visuel de Léger traduit par IA à partir d’une photo prise lors de la conférence de presse. Photo : Steeve Fortin/MinuteTech.

Les besoins exprimés par les travailleurs concernent d’abord les notions fondamentales et les bonnes pratiques, citées par 34 % d’entre eux. La confidentialité et les données sensibles suivent à 25 %, devant les cas d’usage pratiques applicables au travail à 20 %.

Cette situation aide à expliquer pourquoi l’adoption de l’IA ne signifie pas nécessairement que les entreprises se sont transformées.

Léger classe 23 % des entreprises canadiennes au niveau le plus bas de son indice de maturité, sans usage concret de l’IA. À l’autre extrémité, seulement 8 % disent avoir atteint le stade de la transformation, défini par un déploiement à grande échelle, des retombées démontrées et une intégration de l’IA au modèle d’affaires.

Les employés voient des gains avant les entreprises

L’étude montre néanmoins que l’utilisation de l’intelligence artificielle commence à produire des résultats pour certains travailleurs.

Près d’un employé sur quatre, soit 24 %, rapporte un gain de temps important ainsi qu’une amélioration importante de la qualité de son travail ou de sa prise de décision.

Visuel de Léger traduit par IA à partir d’une photo prise lors de la conférence de presse. Photo : Steeve Fortin/MinuteTech.

La situation est moins évidente à l’échelle des entreprises. Parmi celles qui utilisent l’IA, 46 % ne constatent encore aucun gain mesurable. Trente pour cent rapportent des gains opérationnels et seulement 3 % font état de gains d’affaires associés notamment à de nouveaux revenus ou au rendement de l’investissement.

Léger précise toutefois que l’absence de résultats mesurés ne signifie pas nécessairement une absence de valeur. Elle peut aussi refléter la difficulté des organisations à identifier les bons cas d’usage, à les déployer à plus grande échelle et à relier les résultats obtenus à des indicateurs d’affaires.

L’IA commence malgré tout à modifier le fonctionnement des entreprises. Près de la moitié d’entre elles, soit 48 %, indiquent qu’elle a déjà entraîné des changements concrets dans l’organisation du travail.

Visuel de Léger traduit par IA à partir d’une photo prise lors de la conférence de presse. Photo : Steeve Fortin/MinuteTech.In

L’automatisation des tâches est rapportée par 19 % des entreprises, tandis que 14 % mentionnent une transformation ou une redéfinition des rôles. Sept pour cent disent avoir aboli ou réduit des postes et 6 % avoir annulé des embauches en raison de l’IA. À l’inverse, 5 % ont créé de nouveaux rôles spécialisés en intelligence artificielle.

L’Indice IA 2026 repose sur un sondage pancanadien en ligne réalisé du 22 mai au 21 juin auprès de 5 592 répondants : 1 511 membres de la population générale, 3 031 travailleurs et 1 050 décideurs impliqués dans les décisions liées à l’IA. Léger prévoit publier le rapport complet le 23 septembre.

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